12 novembre 2009
Un coucher de soleil
Ali n'osait plus entrer dans son atelier. A cause de la robe.
Elle était suspendue à un cintre, près de l'entrée de son échoppe, et à chaque fois qu'elle entrait dans son champ de vision, il ressentait comme une douleur dans la poitrine, il avait du mal à respirer et surtout, il sentait une profonde tristesse déferler sur lui et l'étouffer, comme une coulée de boue. C'était ce qu'il avait le plus de mal à supporter, cette vague de tristesse, il avait l'impression qu'elle le tuait à petit feu.
Cette robe lui jetait au visage ce qu'aurait pu être sa vie, ce que ne serait jamais sa vie.
Aïcha s'était mariée.
Elle ne l'avait pas attendu comme elle le lui avait promis. Elle en avait épousé un autre.
Cette pensée lui fit monter les larmes aux yeux.
Il avait voulu croire qu'elle n'y était pour rien, que c'était son père qui l'avait forcée à épouser ce bellâtre d'Ahmed qui prenait tout le monde de haut parce qu'il était le seul à posséder une automobile au village. Il avait voulu croire qu'elle l'aimait en secret et qu'elle était désespérée d'être mariée à un autre que lui. Mais ce n'était pas vrai. Le père d'Aïcha n'y était pour rien.
Ali était parti étudier à Tunis et pendant les trois ans que dura leur éloignement, Aïcha était tombée amoureuse d'un autre. Elle avait cessé d'aimer Ali et ne le lui avait même pas écrit. En fait, elle avait cessé de répondre à ses lettres et il n'avait appris son mariage qu'en revenant à Médenine.
Malgré ses explications désolées, il en avait voulu à Aïcha de l'avoir remplacé, de l'avoir oublié. Pendant longtemps il avait été très en colère. Puis était venu le chagrin. Et il s'était effondré.
Pendant des semaines, tout lui avait semblé gris, difficile et sans intérêt. Parler, sourire, manger, s'habiller, travailler, tout était au-dessus de ses forces. Son seul refuge contre la douleur étant le sommeil, il avait fini par ne plus se lever, restant allongé toute la journée.
Et puis un matin, il s'était levé. Il s'était habillé, il avait déjeuné et il était allé ouvrir son échoppe de tailleur, bien décidé à se remettre au travail. Mais il y avait la robe. Elle lui barrait le passage. Et il avait reculé, ne voulant pas l'affronter. Il avait senti ses forces l'abandonner et il était rentré chez lui.
Ça faisait trop longtemps que ça durait, il fallait qu'il trouve une solution. Il fallait qu'il puisse entrer dans son atelier. Il devait recommencer à coudre, il n'avait plus d'économies et les commandes en retard s'amoncelaient dans son petit local. Il fallait qu'il trouve quoi faire de cette robe.
Il ne pouvait pas la jeter, il ne pouvait pas la donner, il ne pouvait même pas l'enfouir dans une malle ou sous une pile de coupons de tissus, c'eût été une sorte de sacrilège à ses yeux.
Cette robe, il l'avait faite à Tunis. Pour elle, pour Aïcha. Elle représentait leur rencontre, sur la colline derrière chez elle, un soir d'été. Il y avait un magnifique coucher de soleil ce soir-là. La Terre brunie par le crépuscule était éclaboussée d'une lumière orange chaude. Leurs regards s'étaient croisés dans ce décor féérique et n'avaient pu se détacher. C'était à cet exact moment que leur histoire avait débuté. Et c'était cet instant magique qu'il avait voulu mettre dans la robe qu'il avait cousue. Il voulait la demander en mariage en lui offrant cette robe, à son retour de Tunis. Cette robe, c'était sa bague de fiançailles.
Non, il ne pouvait pas la donner, ni la jeter, elle était trop précieuse.
Mais il ne voulait pas la garder non plus. Il ne pouvait pas. Sa vue lui faisait du mal, trop de mal.
Ali secoua la tête pour chasser ces pensées et leva les yeux vers la robe qui se balançait doucement dans le courant d'air.
Au fond, il savait bien ce qu'il devait faire de cette robe. Il l'avait toujours su.
Dans un soupir, il alla frapper à la porte de l'échoppe voisine en quête d'une boîte. Il allait envoyer la robe à Aïcha. Même si elle ne l'aimait plus. C'était sa robe, il l'avait faite pour elle, juste pour elle.
Coton chocolat (Marché Saint-Pierre), jersey rayé (Mondial Tissus) et ruban bicolore (vient d'un bazar en Vendée).
Robe-sarouel faite en suivant les instructions de Valérie (Madame "Parfum du ciel") dans son livre "30 Sarouels et autres trucs de filles".
Elle n'est pas du tout de saison mais j'en rêvais de cette robe, à
force de baver devant les petites merveilles du blog de Valérie (je
vous recommande aussi son ancien blog, y'a de quoi en prendre plein les mirettes).
J'appréhendais beaucoup de coudre du jersey, je pensais que ce serait top galère. Et bien en fait, non. En tout cas, pas celui-là. J'ai utilisé un point dit "extensible" de ma machine pour le coudre et ça s'est fait tout seul.
Quant à la partie sarouel, ce fut un plaisir à coudre. Au point que j'ai bien envie de remettre ça très vite.
Bon, j'ai quand même appris quelque chose, hein: toujours faire particulièrement attention quand on coud du tissu ligné: les lignes de l'arrière et de l'avant du haut ne coïncident pas. Mais ça n'entame pas ma joie.
A force de passer du temps sur son blog, j'ai fini par savoir que Valérie aimait bien Vanessa Paradis. Alors voilà, l'illustration musicale de ce post (c'est hype, ça, "illustration musicale", isn't it?) sera "Walk on the wild side" interprété par Vanessa Paradis:
06 novembre 2009
Le nouveau roi du bitume
Faut que tu fasses gaffe à tes miches Guido. Faut que tu te tiennes à carreau.
Ce type plaisante pas, tu piges? C'est un tueur, Guido, rien de moins!
Alors si t'as pas envie de te faire rectifier le portrait, faudrait voir à te garer sur le bas-côté et à laisser passer le bolide, si tu vois ce que je veux dire...
Tu vois pas?
Non mais t'es juste très myope ou juste très con, Guido?
T'as pas remarqué que le quartier a changé depuis qu'il s'est installé, ce Vittorio Patron? T'as pas noté que tous les petits caïds du dimanche se sont rangés et ne mouftent plus depuis que ce type parade dans le coin?
C'est la fin de la bringue, Guido, la fin de l'âge d'or. Tiens, même les toiles cirées la jouent docile devant Vittorio Patron. Et pourtant, tu les connais: y'a pas plus récalcitrantes que ces vieilles filles rigides par ici.
Guido, un type qui s'appelle "Patron" et qui débarque avec ses cousins de Burda pour nous "simplifier la vie" comme il dit, moi ça me fait clignoter l'œil droit.
Et tu sais ce que ça veut dire quand mon oeil droit clignote Guido? Ca veut dire: "Alerte, c'est la merde!". Ça veut dire qu'on a les pieds dans le béton, Guido et qu'il va falloir en sortir avant qu'il durcisse et qu'on se retrouve au fond de l'eau.
Parce que tout ça, ça sent le bandit italien si tu vois ce que je veux dire...
Quoi? Tu sens rien? D'accord, j'ai ma réponse: t'es juste très con en fait, Guido. Y'a vraiment des jours où je comprends pas comment c'est possible qu'on soit cousins, toi et moi... C'est une image, Guido! Je te parle de la M.A.F.I.A., tu piges???
Bon, à ce qu'on dit dans le quartier, le Vittorio a surtout la bande des Jerseys dans le collimateur. Il paraît qu'à partir de maintenant, ils vont tous devoir passer par lui pour le business. Apparemment, Vittorio trouve qu'ils font trop n'importe quoi, ces mecs. Bon c'est vrai qu'ils sont totalement fripés les Jerseys. Et vas-y que je refuse la craie. Et vas-y que je m'étire. Et vas-y que je roulotte... M'enfin ils n'ont jamais écrasé les orteils de personne. Ils sont inoffensifs ces pauvres gars.
Tu le manges pas, ton sandwich? Je peux...?
Merchi...chomp chomp... Me prends pas pour un satin, Guido! Je sais bien qu'on n'a rien à voir avec les Jerseys, nous les Lins. Faut voir plus loin que le nid-de-poule sous ta roue, Guido! Faut regarder l'horizon! C'est de notre avenir que je te cause, là, Guido. Vittorio et sa bande ont l'air décidés à tout régenter par ici. Et nous, on va faire comment si on veut continuer à faire les choses à notre façon, en direct sur tissu? Hein on fait comment pour pas passer par ces mafieux? Tu peux me le dire Guido? On fait clairement pas le poids.
Mais non, je ne te parle pas de TON poids, Guido, te chiffonne pas comme ça, ho!
Tiens, passe-moi ta bière steuplé... schluuuurp schluuuurp...
Ce Vittorio Patron, c'est un vrai dur, il va nous casser tous nos plans sauvages. Si on fait pas gaffe, on va finir par y passer aussi, Guido. Ils vont nous faire la peau si on se planque pas. Et moi j'ai pas envie qu'on finisse en biais.
Alors, je te le dis: tu ne bouges pas jusqu'au printemps. Tu te trouves un coin et tu te planques. Tu hibernes. Tu fais le fil invisible, quoi. Au printemps, ça va se réchauffer et on aura à nouveau la cote. On sera à la fête et là, on pourra poser nos conditions. Là, on pourra refuser l'accès au quartier à Patron et à sa bande. On peut reconquérir le quartier, Guido. Mais faut attendre le printemps.
Nan, Guido, y'a pas de dernier gros coup d'automne qui tienne! Tu stoppes tout, tout de suite, tu m'entends?! TOUT DE SUITE!
T'es pas au courant de ce qu'ils ont fait au petit nouveau, tu sais le lainage chiné là, le type de Sarcelles?
Ils l'ont dézingué, Guido! Patron et sa bande. Pas plus tard que Mardi.
Eh ouais. Ca rigole pas.
En même temps, je te l'avais dit qu'il ne ferait pas long feu celui-là: trop fuyant, trop lourd, trop fourbe. Et en plus il s'effilochait pour un oui ou pour un non.
Tu me crois pas? Voilà des photos. Les cotonnades et moi, on les a faites en douce avant que l'alerte soit donnée.
C'est pas un temps à jouer les divas, Guido. Faut se planquer. Et moi je suis venu te prévenir.
Ta tartelette, là, elle est à la framboise? Je peux...?
Lainage légèrement élastique (Marché de Sarcelles), élastique (trouvé dans ma boîte à élastiques et biais).
Ceci est le premier vêtement pour adulte que je fais au moyen d'un patron du commerce.
J'ai trouvé le patron de ce pantalon élastiqué à la taille et aux jambes légèrement évasés dans un vieux magazine "Fait Main" d'Avril 99 acheté lors d'une brocante.
J'appréhendais un peu mais en fait, ce fut une vraie promenade, la confection de ce pantalon. Ce n'est pas trop difficile de suivre les courbes d'un patron au milieu du fouillis d'une planche à patrons. Et le tissu dont je pensais qu'il me ferait des misères (il était légèrement extensible) ne m'en a pas fait tant que ça.
Bref mes amis, ceci est l'avènement d'une ère nouvelle: celle des patrons du commerce.
Ce pantalon est pour ma Tantie A. Je n'ai pas fait l'ourlet, je voulais qu'elle l'essaye afin de l'ajuster. Il lui va comme un gant (va falloir me croire sur parole, je n'ai pas de photo) et elle va faire l'ourlet toute seule. Oui, parce qu'elle aussi s'est mise à la couture, il y a peu. :)
Allez hop, un peu de bonne humeur: voici "We're from Barcelona" du collectif I'm from Barcelona:
04 novembre 2009
Serge Flipflap n'est pas mort
Bon d'accord, Commissaire, je me suis complètement trompé sur l'affaire Flipflap. J'étais très sûr de moi sur ce coup-là et j'ai loupé l'évidence.
Rose Flipflap n'a pas assassiné son mari, Commissaire. En fait Serge Flipflap n'est pas mort comme je l'ai cru, cet été. Il est tout ce qu'il y a de plus vivant. On l'a retrouvé la semaine dernière dans les Hauts-de-Seine.
Serge Flipflap est un disparu volontaire, un de ces types qui partent s'acheter des cigarettes et qui ne reviennent jamais. Cet été, en Vendée, Serge s'est tout simplement carapaté, Commissaire.
Il faut dire qu'il menait une double-vie, le Serge. Il fréquentait une dénommée Marianne... attendez voir, je l'ai noté... Ah voilà: Marianne Bleudrap, depuis pas loin de dix ans. Marianne possédait la maison voisine de celle où Serge et Rose passaient tous leurs étés depuis des années. Elle est tout le contraire de Rose: calme, sobre et rassurante. A ce qu'il dit, au fil des ans, il est tombé amoureux de Marianne.
Il a dit aux collègues qui l'ont interrogé qu'elle lui avait posé un ultimatum, cet été: soit il s'installait pour de bon avec elle, soit elle racontait tout à Rose. Il a fait son choix: il s'est enfui.
Je sais ce que vous allez dire Commissaire, le divorce ça existe, même chez les stars. Serge Flipflap prétend que Rose n'aurait pas supporté d'apprendre qu'il avait une liaison depuis si longtemps. A mon avis, c'est plus une histoire de gros sous que de sentiments à protéger. S'il divorce, Serge ne touchera jamais un kopeck de la fortune de Rose. Alors que si elle meurt un jour et qu'il réapparait fort opportunément à ce moment-là, il touche le jackpot... Rien n'a été prouvé, puisque l'enquête est close, mais j'en mettrai ma main au feu, Commissaire, c'est à cause de l'argent de Rose que Serge a préféré disparaître plutôt que la quitter officiellement.
Vous savez comment on l'a retrouvé? Il a eu des triplés avec Marianne, il y a peu et ils se sont retrouvés dans le journal de leur ville. C'est comme ça qu'on l'a repéré.
Tenez, voici les photos publiées dans le journal. Je vous laisse, je dois aller voir Rose pour lui annoncer que son mariage avec le major Dentelle n'est pas valable. A mon avis, ça va lui faire drôle d'apprendre qu'elle est bigame.
Cette trousse et ses trois chouchous faisaient partie du cadeau d'anniversaire d'Elodie. Gageons que la rencontre entre Rose Flipflap et le major d'une part et Serge et sa famille d'autre part sera très intéressante.
Tissu en coton imprimé (Toto Tissus), drap teint en bleu (trouvé dans un pouf et recyclé), chute de tissu thaïlandais, ruban (Marché en Vendée), fermeture éclair (Marché en Vendée).
Pour fêter la résolution de ce mystère, voici "Never Forget You" de Noisettes:
29 octobre 2009
Fenêtre sur cour
Madame la directrice,
Je sais qu'il y a eu beaucoup de chutes de tissus dernièrement, mais êtes-vous vraiment obligée de mettre tout le monde dans MA chambre?
Si j'ai choisi votre clinique, Madame, c'est parce que je pensais que le standing était élevé et qu'en conséquence, les chambres étaient toutes individuelles. Je me suis lourdement trompée apparemment!
Laissez-moi vous dire que je suis très contrariée!
Personne ne m'a dit que la chambre "Hublot" était en réalité un dortoir pour tissus en morceaux! C'est complètement scandaleux d'occulter ce genre d'informations!
En plus, ces grossiers personnages se battent comme des chiffonniers à longueur de temps et c'est insupportable. INSUPPORTABLE!
Une de vos infirmières a eu le culot de me proposer de changer de chambre et d'aller dans la "Plastic Box". D'une part, la chambre "Plastic box" est aussi une chambre commune et d'autre part, j'ai payé un supplément pour avoir la chambre "Hublot" alors j'ai bien évidemment refusé! cette chambre "Hublot", j'y suis, j'y reste!
Je ne suis pas contente du tout! Mais alors pas du tout! Je ne suis pas un vulgaire bout de tissu biscornu, moi, Madame! Je connais du beau linge et je refuse de me mélanger avec le bas peuple.
Vous avez de la chance que je ne connaisse pas d'autre établissement dispensant les services dont j'ai besoin dans la région, je suis bien obligée de rester chez vous. Mais cette histoire ne va pas en rester là, croyez-moi!
En espérant que vous mettrez promptement de l'ordre dans tout ça et que vous me rendrez MA chambre dans les plus brefs délais, je vous prie d'agréer, Madame la directrice, mes salutations les plus agacées!
Domitille du Carré de la Soie
Sac à chutes inspiré du bac à linge cylindrique IKEA qui trône dans notre salle de bains.
J'ai utilisé de la toile que j'avais achetée au Marché Saint-Pierre pour recouvrir le canapé du salon et dont la couleur n'allait finalement pas du tout. Le hublot est fait à la manière de Bab la bricoleuse, avec une chute de voilage.
Toile de coton - Marché Saint Pierre. Fermeture éclair au mètre (Tissus Reine) - Voilage (chute de mes rideaux - Tissus Reine)
Pour que le sac garde sa forme, j'ai découpé deux ronds dans de la feutrine épaisse (des tapis de fonds de tiroirs qu'on trouve aussi à IKEA) et je les ai cousus au fond et sous la calotte du sac. Mes chutes ont enfin quitté leur pauvre sac en plastique miteux pour un palace 4 étoiles qui leur est entièrement dédié.
Ils ne boudent plus (enfin, à part Domitille qui a fini par déménager). Maintenant, on se fait coucou à travers le hublot quand je passe devant leur nouvel habitat. :D
Pour leur crémaillère, je vais leur offrir "Down the Drain" de Lilly Wood and the Prick:
22 octobre 2009
Un ovni à Paris
Tasticottine, envoyée spéciale, en direct du champ de Mars
Paris a eu chaud, Paris est sous le choc!
Le ciel nous est littéralement tombé sur la tête ce matin, Patrick! Comme vous le disiez tout à l'heure, un énorme objet non identifié s'est écrasé tout à l'heure sur le champ de Mars.
Je dis que Paris a eu chaud Patrick, parce que cette météorite a frôlé la tour Eiffel. Mais je vous rassure, elle est là, fièrement dressée et n'a subi aucun dégat. Un vrai miracle.
Il y a foule ici, au Trocadéro. Les gens affluent pour voir ce qui nous est tombé dessus. C'est compréhensible, Patrick: l'impact a fait un tel bruit que personne à Paris ne peut ignorer qu'il s'est passé quelque chose d'inhabituel.
Malgré la fumée, on voit bien que l'objet a creusé un cratère de plusieurs mètres de profondeur, ce qui nous laisse penser qu'il a une densité importante. On ne peut malheureusement pas s'approcher plus près, l'armée a établi un cordon de sécurité tout autour de du cratère. Pour le moment, on ne sait pas ce qu'est cet objet mais d'après les déclarations des autorités, il s'agirait d'un monumental bout de pierre ou de métal. Nous attendons une éventuelle autre déclaration précisant la nature de ce météore. Je vais vous rendre l'antenne en atten...
Attendez! Attendez Patrick!
Il se passe quelque chose là! On vient d'entendre un bruit sourd et la terre a vibré sous nos pieds! Ça semble venir de l'objet! Je répète Patrick, l'objet fait un bruit sourd et vibre à intervalles réguliers. Ça fait une drôle de sensation... Les vibrations se propagent dans tout mon corps là...
En fait on dirait... On dirait des battements de cœur, Patrick!
Et c'est d'autant plus déroutant que le bruit court dans la foule que l'ovni aurait la forme d'un coeur...
Je vous parlais à l'instant d'intervalles réguliers mais ce n'est pas tout à fait exact Patrick, le rythme de ces bruits semble s'accélérer! L'armée nous fait reculer et élargit le cordon de sécurité. Les autorités parlent d'évacuer tout l'arrondissement. Ce qui se passe ici est plutôt inquiétant en fait Patrick...
OH MON DIEU! OH MON DIEU! Patrick!!!!!!!!!
Ce que nous voyons ici est... indescriptible, Patrick. Indescriptible!!... Euh... Je vais quand même essayer de vous détailler ce que nous voyons...
Alors l'objet est sorti de son cratère Patrick. Tout seul. Et il a commencé à s'élever dans les airs. Il a bien la forme d'un coeur Patrick! Un énorme, un colossal cœur de couleur orangée! Il fait bien quinze mètres de haut sur dix de large! Il est très très impressionnant Patrick!! Je n'ai jamais vu une chose pareille de toute ma vie. De toute ma vie!
Ah Patrick, le coeur s'est immobilisé... Il est en suspension à une dizaine de mètres au dessus du sol... La fréquence du signal qu'il émet est maintenant moins élevée que tout à l'heure. On dirait que le coeur s'apaise, si je puis dire, Patrick.
Tout le monde retient son souffle ici... On se demande ce qui va se passer maintenant. Je vois des soldats courir dans tous les sens, je pense que l'évacuation de la zone est immin...
Patriiiiiiiiiiiiiiick!! Le cœur est en train de s'ouvrir! Le cœur est en train de s'ouvriiiiiiiiiiiiir!
Il est en train de se fendre en deux devant nos yeux! Et je vois qu'il s'en échappe quelque chose... Attendez, je ne vois pas bien ce que c'est, je vais essayer de me rapprocher un peu...
Ah mon Dieu! c'est prodigieux Patrick, PRO-DI-GIEUX!!!
Des papillons! Des milliers et des milliers de papillons s'échappent du coeur! Des millions de papillons roses se dispersent dans le ciel de Paris! C'est extraordinaire Patrick! EX-TRA-OR-DI-NAIRE!
C'est très... beau à vrai dire... En fait, je me sens un peu émue là, Patrick. Je... je... me sens soudain profondément émue en fait. Et on dirait que le spectacle auquel nous assistons a le même effet sur la foule qui m'entoure. Tout le monde sourit, tout le monde a les yeux qui brillent... J'en vois même qui essuient une larme...
La rumeur de la foule diminue, tout le monde se tait. Et... Patrick, j'éprouve le besoin de me taire aussi pour... respecter ce qui se passe ici... C'est... tellement beau que j'ai l'impression de salir l'instant avec mes mots...
Je... je vous rends l'antenne Patrick...
Ce sac-cœur a été imaginé par ma cousine Yassimina il y a quelques temps. Je l'ai réalisé pour son anniversaire qui a eu lieu samedi dernier. Elle était contente, le résultat était fidèle à ce qu'elle avait dans la tête.
Tissus d'ameublement (orange et à pois): Tissus Reine
Fermeture éclair: Tissus Reine
Papillon en feutrine acheté sur un marché
Pour aller avec ce coeur tombé du ciel, "Can you blame the sky" d'Alela Diane:
20 octobre 2009
La malédiction - suite et fin
De nos jours, quelque part en région parisienne...
Tasticottine, une innocente couturière, voyant la besace de son bien-aimé se déliter, décida de lui en fabriquer une autre. Le bien-aimé, ravi de cette intention, lui fit part de quelques souhaits particuliers: il voulait y transporter son ordinateur portable en toute sécurité, ce qui impliquait que quand le sac était posé par terre, il ne fallait pas que l'ordi en soit choqué. Et puis il voulait aussi enfourcher son destrier vélo sans être gêné par sa besace en bandoulière.
Convaincue que ce serait une partie de plaisir, Tasticottine se lança un soir dans la conception d'un patron. Concentrée sur son ouvrage, elle ne remarqua pas qu'il faisait soudain plus froid. L'inconsciente ne le savait pas mais elle avait choisi les dimensions maudites. Et avait donc réveillé la malédiction de Domina.
Ignorant ce qui se tramait, Tasticottine commença par une pochette molletonnée pour le cher ordinateur. Déjà, elle eut bien des misères avec la ouatine. Mais elle n'abandonna pas. Elle persévéra. Et quand enfin elle eut fini, elle voulut y mettre l'ordi. Qui protesta en faisant craquer les coutures.
Tasticottine était entêtée et, bien qu'ébranlée par cet échec, elle décida de recommencer. Elle fit donc une pochette plus grande, tout aussi molletonnée que la première. Elle était consciente qu'agrandir la pochette revenait à agrandir la besace et donc à tout recommencer, mais elle s'en fichait, elle voulait y arriver. Hélas, elle échoua encore. L'ordinateur n'entrait pas dans la nouvelle pochette.
La malédiction battait son plein, Tasticottine travaillait en vain. Découragée et comprenant confusément que le sort s'acharnait, elle laissa tout tomber et alla se coucher.
Le lendemain, l'oeil vif et reposé, ragaillardie par son bien-aimé qui y croyait, elle repartit à l'attaque. Elle fut prudente: elle refit une pochette aussi grande que la seconde mais moins généreusement molletonnée. C'était ça le secret! Ce fut un total succès. Elle eut l'oeil brillant quand elle réussit à y faire entrer l'ordi.
Ayant gagné une bataille contre l'adversité et toujours encouragée par son bien-aimé, Tasticottine refit, mâchoires serrées, le patron de la besace.
Elle évita de peu l'écueil du manque de tissu (elle n'en avait presque plus, à force de recommencer la pochette), elle ne cilla pas quand il lui fallut, par deux fois, traverser toute la ville pour aller se ravitailler en galon et en biais, elle cassa trois aiguilles, elle se piqua souvent les doigts, mais jamais elle n'abandonna.
Quand enfin elle termina la besace,l'atmosphère se réchauffa, comme par magie. Elle offrit le sac à son bien-aimé qui en fut tout émotionné.
Jusqu'ici, le bien-aimé n'a pas eu de soucis...
Peut-être est-ce parce qu'il n'a jamais douté d'elle, peut-être est-ce parce qu'elle puisait du courage dans l'enthousiasme de son aimé, on ne le saura sans doute jamais. Mais à force d'obstination, Tasticottine avait vaincu la malédiction.
L'histoire ne le dit pas, mais je suis sûre que dans une tombe oubliée, une certaine Domina en fut verte de jalousie...
Passons donc à la partie technique:
Je tiens à remercier Cécile, Morgann et Mathieu, sans qui cette besace n'aurait peut-être pas vu le jour (ou en tout cas, elle n'aurait pas eu cette tête-là).
Grâce aux infos des M&M's (hihihihi! :D), j'ai ajouté une ceinture ventrale réglable (comme en ont les coursiers à New York, trop hype quoi!), histoire que la besace ne le gêne pas quand le Doud' enfourche son destrier vélo. Grâce à Cécile et Morgann qui m'ont élaboré une idée en flip flap un samedi après-midi, j'ai résolu l'épineuse question de la pochette-à-ordi-amovible-qui-ne-doit-pas-toucher-le-fond-de-la-besace-pour-ne-pas-casser-l'ordi: tout simplement en mettant un scratch.
Tut tut tut! Stop, stop, stop! Qu'est-ce qui est écrit, là? Amovible??
Et bien oui les amis, la pochette à ordi est amovible. Ins't it la full classe, ça? Si le Doud' ne veut pas emmener son ordi, il n'est pas obligé de se trimballer la poche molletonnée qui prend quand même de la place dans son sac.
Je vais vous dire: entre la pochette amovible-suspendue, les coutures renforcées, les différentes poches (deux poches plaquées sur l'extérieur, l'une devant, l'autre derrière et une petite poche à l'intérieur, sur la paroi avant), la sangle réglable et l'attache ventrale, ce sac est clairement mon chef d'œuvre technologique 2009 (ouip, je me gargarise là, mais j'ai trop galéré pour m'en priver). C'est vraiment le truc le plus pensé/abouti/soigné que j'aie fait depuis que je couds.
Toile de coton épaisse (Marché Saint-Pierre), galon tricolore (Mercerie Moline), ruban en coton tissé détourné en biais (Tissus Reine), scratch (Mercerie Moline), fermetures éclair (de mon stock), système de fermeture clipsable (Mercerie Moline), ouatine (Tissus Reine), boucles pour sangle réglable (petite mercerie du quartier Saint-Pierre).
Bon, on a bien mérité un festif "Come to me" de Mathieu Boogaerts:
16 octobre 2009
La malédiction
Domina y croyait dur comme fer: le monde lui appartenait.
Elle était jeune, elle était belle, elle était intelligente et, cerise sur le gâteau, elle avait des pouvoirs (sa grand-mère était une célèbre sorcière).
Oui, c'était un fait, le monde entier était à ses pieds.
Elle envoûtait les hommes, elle subjuguait les femmes, elle était la reine, elle était l'impératrice, elle était la star de la contrée.
Certains la prenaient pour une déesse, d'autres pour un démon femelle, certains la craignaient, d'autres l'admiraient. Tout cela Domina s'en fichait. Elle faisait de l'effet et c'était tout ce qui comptait. Elle marquait les esprits et c'était tout ce qui lui importait.
Domina crut à sa supériorité jusqu'au jour où elle tomba sur un homme qui se révéla insensible à son charme. C'était un étranger venu s'installer dans la région, un jeune forgeron aux traits fins et au regard tranquille qui se prénommait Lucas.
Cet homme-là ne s'embrasait pas quand elle passait devant lui, cette homme-là ne balbutiait pas quand elle lui parlait, cet homme-là ne rougissait pas quand elle lui souriait. Cet homme-là ne l'aimait pas, voilà.
Non, lui, c'était Piniette, sa voisine, qui le troublait. il la croisait chaque matin quand il se rendait à la forge et qu'elle sortait dans sa cour. Au départ, il la saluait d'un timide mouvement de tête. Mais peu à peu, il en vint à échanger quelques mots avec elle.
Il la trouvait douce, gracieuse et vraiment jolie, Piniette. Il aimait ses fossettes qui apparaissaient quand elle souriait, il aimait le timbre légèrement rauque de sa voix, il aimait la lueur espiègle qui passait dans ses yeux quand elle plaisantait, il aimait jusqu'aux petites rides verticales qui se formaient entre ses sourcils quand elle était de mauvaise humeur.
Piniette elle aussi aimait bien son nouveau voisin. Il était beau et puis si gentil, Lucas. Il n'était pas comme les autres, il ne se moquait pas d'elle, lui. Au contraire, il avait l'air de l'estimer. Il était curieux d'elle, il prenait de ses nouvelles et lui offrait parfois des noix ou des fleurs qu'il ramassait lors de ses promenades. Il rapportait beaucoup de choses de ses nombreuses balades, il avait toujours les poches pleines de bouts de ficelle, de marrons ou de cailloux...
Un jour, Piniette eut l'idée de lui coudre une besace pour transporter ses petits trésors. Elle y passa deux semaines, s'appliqua à la rendre solide et la décora pour qu'elle soit jolie. Quand elle eut fini, elle l'emplit de galets, de billes, de noisettes et d'autres petites choses dont elle espérait qu'elles l'intéresseraient.
Elle la lui offrit un matin, rouge de gêne et le cœur battant d'appréhension. Lucas fut très touché par son geste et surtout par les objets hétéroclites dont elle avait rempli la besace. Il la remercia chaleureusement et fut conquis quand elle lui avoua, tout bas et sans le regarder, qu'elle y avait mis tout son cœur.
Il la regarda longuement, la gorge nouée et les yeux brillants, murmura "Merci encore, Piniette. Merci." et puis s'en fut d'un pas joyeux, sa besace lui battant le flanc.
Lorsqu'il fut parti, Piniette esquissa un pas de danse. Il avait aimé son cadeau! Il avait aimé son cadeau! Elle était si contente! Elle entama ses corvées avec entrain, le cœur en liesse.
Domina, elle, ne rigolait pas. Elle avait assisté à la scène, cachée derrière un bosquet, et elle était furieuse. FU-RIEUSE!
Piniette! Ce crétin de Lucas lui préférait Piniette! Cette niaise au demi-cerveau! Non mais cette fille était si lente à parler, à se mouvoir, à réagir, que tout le monde la croyait attardée. Comment pouvait-il être attiré par cette demeurée? Comment pouvait-il la snober, elle, Domina, et tomber amoureux de ce laideron débile?
Ah non, elle ne le permettrait pas! Cet homme-là, Piniette ne l'aurait pas, foi de Domina!
Domina était plutôt finaude. Et puis c'était une femme raffinée. Elle ne voulait pas attaquer Piniette de front, c'eut été trop facile, trop brutal, trop grossier et surtout pas assez cruel. Non, ce qu'elle voulait, c'était instiller un poison qui déferait ce que l'amour était en train de créer entre Piniette et Lucas. Elle voulait inoculer du mauvais dans leur relation, du fiel, de la petitesse, du laid. Elle voulait assassiner leur amour. Subtilement.
Elle eut alors l'idée de jeter un sort à la besace que Piniette avait offerte à Lucas: "Désormais, des ennuis uniquement, en toi tu porteras!"
Dès lors, Lucas n'eut que des soucis. Il commença par perdre ses trésors. Puis il égara ses outils, qu'il rangeait habituellement dans sa besace. Un soir, en rentrant, il se fit attaquer par un loup. Il ne se passait pas un jour sans qu'un malheur ne lui tombe dessus.
Un jour qu'il devait transporter une pièce volumineuse à l'autre bout de la région, Lucas prit un grand sac au lieu de sa besace. Et rien de fâcheux ne lui arriva ce jour-là. Il ne fut pas long à faire le lien entre la besace et ses misères.
Il commença à se méfier de Piniette, qu'il pensait responsable de ses problèmes. C'était peut-être une sorcière déséquilibrée qui cachait bien son jeu? Peu à peu, leur relation perdit son naturel et se fana. Lucas n'arrivait plus à être sincère, il la soupçonnait. Piniette le sentait et ça la crispait. Il n'y eut plus de spontanéité, quelque chose s'était cassé. Piniette ne comprenait pas, elle le voyait s'éloigner, impuissante et de plus en plus triste.
Un matin, au lieu de s'arrêter pour discuter, Lucas se contenta d'un hochement de tête poli en passant. Piniette en pleura. C'était fini. Le charme était définitivement rompu, il ne la voulait plus.
Domina de son côté se sentit rassérénée quand elle vit cela. Un sourire mauvais s'épanouit sur son visage. Son plan avait marché: un petit sort bien placé l'avait vengée.
Ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'en réalité, ce n'était pas du tout un petit sort. Elle avait mis tant d'ardeur dans sa malédiction que celle-ci se perpétua à travers les âges.
Depuis ce temps-là, toute besace ressemblant un tant soit peu à celle qu'avait faite la malheureuse Piniette pour le beau Lucas causa mille et un soucis à sa conceptrice.
Vous me voyez venir, là, ou pas?
To be continued...
13 octobre 2009
Parce que je le vaux bien...
Réflexion en salle de bains - 25 Septembre 2009 - 7h51 (sous la douche, donc):
A partir de quand la couture devient-elle une affaire sérieuse, au juste?
A partir de quand lui reconnaît-on une place fondamentale, à la limite du vital, dans sa vie?
Je me doute que
c'est un mouvement insidieux, que Rome ne s'est pas faite en un jour, que l'importance de la couture grossit avec le temps et les ouvrages et
qu'on ne peut pas vraiment dire quand exactement c'est devenu sérieux la couture.
Mais quand même, on le réalise bien un jour. A un moment donné, l'idée que coudre fait désormais partie de notre vie nous traverse et on n'a même pas de haut-le-cœur, ça prouve bien qu'on accepte totalement cet état de fait.
Alors, quand est-ce que ça arrive?
Quand on se rend compte que ça fait un bail qu'on ne s'est pas acheté de vêtement dans un magasin? Quand, plus précisément, on s'aperçoit qu'on n'a plus trop envie de s'acheter de vêtement "tout fait" ?
Ou alors, quand on se met à détailler les habits des passants en évaluant leur niveau de difficulté de réalisation?
Peut-être est-ce quand on investit sérieusement dans du matériel sophistiqué, du très beau tissu ou des patrons?
Ou quand on ne sait plus où est la housse de sa machine (Mister theMan parle de "laisser tout son bordel en permanence dans le salon" mais je ne vois pas vraiment ce qu'il veut dire)?
Ca pourrait être le jour où on offre, sans trembler, quelque chose qu'on a cousu de ses mimines à quelqu'un qui n'est pas de la famille (et qui n'a donc aucune obligation de s'extasier pour nous encourager)?
Ou alors le jour où on décide qu'on va coudre un maximum de ses cadeaux à partir de dorénavant?
J'ai longtemps cherché et j'ai fini par trouver ma réponse il y a peu: pour moi, on s'installe durablement dans la couture quand on éprouve le besoin de coudre sa griffe sur ses réalisations. Oui, à mon avis, ça devient sérieux quand on s'offre des étiquettes.
J'ai commandé des étiquettes à l'Entrée des Fournisseurs. Oui, en toute vanité.
J'en roucoule d'aise.
Allez hop! Un petit "Don't let me down" de "No Doubt" pour fêter ça:
05 octobre 2009
La seconde lune
Au début, personne ne vit la deuxième lune qui était apparue parmi les étoiles, dans le ciel de la brousse.
Personne à part Fatouma, la guérisseuse. Elle s’était aussitôt précipité sur la place du village pour clamer la nouvelle : « La seconde lune est en train de croître, préparez-vous ! Préparez-vous ! ». Mais personne ne l’avait crue. Personne ne l’avait écoutée, en fait. Tout le monde savait que Fatouma était à moitié folle.
Pourtant deux jours après, les habitants remarquèrent le second astre dans le ciel. La stupeur le disputa alors à l’incrédulité. Certains crurent que c’était la fin du monde, d’autres qu’il s’agissait d’un effet d’optique. Au fond, tous étaient inquiets.
La seconde lune était à moitié pleine
lorsqu’un soir, un homme arriva au village. Il dit qu’il venait de Tasticottie,
une contrée située au-delà des fleuves, des déserts et des océans. Il dit qu’il
venait leur parler de la seconde lune.
Aussitôt, les villageois s’approchèrent de lui. Savait-il ce qu’était cette seconde lune ? D’où venait-elle ? Etait-ce un mauvais présage ?
L’émissaire leur expliqua qu’en
Tasticottie, une très vieille légende disait qu’un jour, une seconde lune apparaîtrait
dans le ciel et que quand cette seconde lune serait pleine, elle donnerait
naissance à un enfant dont elle ferait cadeau aux peuples de la terre, un
enfant précieux, un enfant qui guérirait le monde : un enfant Lune.
Cette légende disait aussi que dès que la seconde lune se manifesterait dans le ciel, le peuple Tasticottien devrait partir à la recherche des deux Gardiens qui accueilleraient et protégeraient l’enfant Lune. Ils devaient les trouver et les réunir en Tasticottie avant la naissance de l’enfant. Faute de quoi, le chaos s’abattrait sur la planète.
Ils avaient trouvé le Premier Gardien dans un pays qui s’appelait la Suède, un pays où il faisait si froid parfois que même l’eau devenait dure comme de la pierre. Il s’appelait Paul Ervercler.
L’émissaire était à la recherche du Second Gardien. Il ne savait pas encore qui était cet homme ou cette femme mais il le reconnaîtrait. C’était là le don des Tasticottiens : reconnaître les Gardiens de la Lune.
Il n’y avait pas une minute à perdre. Tout
le monde se mit en rang sur la place, devant l’émissaire. Celui-ci approcha
sa paume du front du premier candidat puis secoua la tête et passa au suivant.
Il agit ainsi jusqu’au dernier candidat. Le Second Gardien n’était pas dans ce
village.
Sans un soupir, sans une plainte et sans un mot, il prit son baluchon et son bâton de marche puis se dirigea vers la sortie du village. C’est là qu’il croisa Waxina Motiff, la fille du berger, qui était partie chercher de l’eau à la rivière et qu’il n’avait donc pas vue.
L’émissaire n’eut pas besoin d’approcher sa main du front de Waxina. Il sut immédiatement que la fillette était le Second Gardien de la Lune. Il en éprouva un soulagement et une joie sans pareils.
Il l’avait trouvé ! Il avait trouvé le
Second Gardien !
Il lui restait peu de temps pour ramener
Waxina en Tasticottie mais il était confiant. Il y arriverait avant que la
seconde lune soit pleine.
Un enfant Lune allait naître qui sauverait
le monde de sa folie !
Un enfant Lune allait naître et ses deux Gardiens seraient là pour lui !
Voici une couverture de type Baby Nomade réalisée en polaire et en wax au moyen du tuto de Kallou pour une petite fille née il y a peu :
Polaire :
Ikea, Wax : Toto Tissu, biais : Tissus Reine
Vous vous rappelez de la chanson "Hijo de la luna" du groupe Mecano? Non? Et bien il n'y a qu'à demander:
03 octobre 2009
Inventaire
En
ce moment dans mon sac à main, il y a :
o deux pochettes de
rince-doigts au citron
o un feutre rouge
o un mini-gloss rose
o un galet
o un marque-page
o une fausse pièce pour caddie
o un stick pour les
lèvres
o une clé USB
o un miroir de poche
o un paquet de
mouchoirs
o une carte
d’identité
o du fil dentaire
o un tee de golf
o trois crayons de couleur (vert foncé, mauve, gris)
o une paire de
lunettes de vue dans leur étui
o un baume pour les
lèvres
o des feuilles
absorbantes de sébum
o une boîte de
recharges pour porte-mine
o des articles
découpés dans des magazines et pliés en 4
o des cartes de fidélité
o un énorme
portefeuille rouge
o un carnet de
griffonnage blanc
o un agenda noir
brillant
o une carte postale de croatie
o quatre autres petits
crayons de couleur (orange, rose, vert clair, rouge)
o un bic noir
o une petite cuillère
en métal
o un paquet de
mouchoirs
o une petite cuillère
en plastique
o un paquet de
chewing gums
...
Bref, une photo valant mieux qu'une longue énumération, voici ce qu'il y a dans mon sac en ce moment:
A ce stade, je suis sûre que vous
conviendrez avec moi qu’il est plus qu’urgent de faire quelque chose au niveau
de l’organisation, là.
J’ai donc décidé d’utiliser mes chutes de
tissu pour coudre des petites trousses qui me permettront de ranger mon
bordel structurer le contenu de mon sac.
Acte 1 du grand plan de structuration du
contenu de ma besace : Mon sac à fagots.
On en voit un peu partout sur le net, que
ce soit pour ordonner les aiguilles à tricoter, transporter ses couverts ou
ranger des crayons.
Je me suis inspirée de tout ce que j’ai vu
et plus particulièrement de la trousse à crayons d'AlbinedeFlore.
Pour une meilleure tenue du sac, j’ai mis
une couche de polaire entre l’extérieur et l’intérieur. J’ai fait deux
compartiments pour petits crayons et un pour
grands stylos.
J’ai mis un élastique plat à l’entrée des
compartiments pour coincer les crayons pendant le transport (tout l’intérêt de
ce sac à fagot étant que mes stylos et crayons ne gambadent plus librement dans
mon sac) et trois élastiques plats.
Fière de moi je suis.
Pour la peine, on va s'écouter un petit "Day after day" d'Hooverphonic:















































